Schéma technique de configuration des serveurs pour éviter les spams
Cold email 3 août 2026 · 8 min de lecture · Par Arsène Leguen de Kergolan, fondateur de ToClose

Délivrabilité : sortir des spams en prospection

Envoyer le meilleur message du monde ne sert strictement à rien s'il atterrit directement dans le dossier indésirable de votre prospect. La délivrabilité cold email est le socle invisible, souvent négligé, mais absolument indispensable de toute campagne de prospection performante. Découvrez les méthodes éprouvées sur le terrain pour configurer votre infrastructure, contourner les filtres anti-spam et garantir que vos messages atteignent toujours la boîte de réception principale.

Les fondations techniques : SPF, DKIM et DMARC expliqués simplement

Pour faire simple, les serveurs de messagerie de vos prospects sont comme des videurs à l'entrée d'une boîte de nuit très sélecte. Ils vérifient l'identité de chaque email qui tente d'entrer. Si vos papiers d'identité numériques ne sont pas en règle, vous êtes immédiatement redirigé vers la porte de sortie, c'est-à-dire le dossier spam. Ces fameux papiers d'identité se résument à trois acronymes techniques que vous devez impérativement configurer dans la zone DNS de votre nom de domaine. Le premier est le SPF (Sender Policy Framework). Il s'agit d'une liste publique qui déclare quels serveurs sont officiellement autorisés à envoyer des emails en votre nom. Si un acteur malveillant tente d'utiliser votre domaine depuis un serveur non listé, le message sera bloqué.

Le deuxième élément est le DKIM (DomainKeys Identified Mail). C'est une signature cryptographique invisible ajoutée à chaque message que vous envoyez. Elle garantit au serveur de réception que le contenu de l'email n'a pas été altéré ou modifié pendant son trajet sur internet. Enfin, le DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting, and Conformance) est le chef d'orchestre. Il indique aux serveurs de réception la marche à suivre s'ils reçoivent un email qui échoue aux tests SPF ou DKIM. Sans ces trois configurations correctement mises en place, vos efforts seront vains. C'est d'ailleurs la première étape que nous vérifions toujours, comme expliqué dans le guide complet du cold email qui détaille les bonnes pratiques de notre agence.

Conseil ToClose

Ne vous contentez pas de configurer ces enregistrements une seule fois. Utilisez des outils gratuits en ligne pour tester régulièrement la validité de votre SPF, DKIM et DMARC, car une simple mise à jour de votre hébergeur peut parfois tout casser.

Domaines secondaires et stratégie d'isolation

Une erreur classique en prospection consiste à envoyer des milliers d'emails à froid directement depuis le domaine principal de l'entreprise. C'est un risque inconsidéré. Si votre domaine principal voit sa réputation chuter à cause de signalements pour spam, ce sont tous vos échanges quotidiens avec vos clients actuels, vos fournisseurs ou vos partenaires qui finiront dans les courriers indésirables. Pour protéger votre activité, la règle d'or est l'isolation. Vous devez systématiquement acheter des domaines secondaires dédiés exclusivement à vos campagnes de prospection à froid.

On observe généralement que l'utilisation de domaines secondaires avec des extensions classiques (comme le .com, le .fr ou le .co) offre les meilleurs résultats en matière de confiance. Par exemple, si votre entreprise s'appelle 'MonEntreprise.com', vous pourriez acquérir 'MonEntreprise.fr' ou 'GoMonEntreprise.com'. Certains experts recommandent parfois les sous-domaines, mais les algorithmes de Google et Microsoft ont tendance à lier la réputation du sous-domaine à celle du domaine racine. Si le sous-domaine est pénalisé, le domaine principal risque d'en souffrir également. Les domaines secondaires distincts créent une barrière étanche.

Une fois ces domaines acquis, vous devez les lier à votre espace de travail (Google Workspace ou Microsoft 365) et créer des adresses email spécifiques pour vos commerciaux. Ne surchargez pas un seul domaine. Les fourchettes constatées sur le terrain recommandent de ne pas dépasser un certain volume d'envoi par jour et par domaine pour maintenir une délivrabilité cold email optimale sur le long terme.

Le warm-up : chauffer vos adresses sans brûler les étapes

Un domaine fraîchement acheté n'a aucune réputation aux yeux des fournisseurs de messagerie. Si vous commencez à envoyer des centaines de messages dès le premier jour, vous serez immédiatement identifié comme un spammeur potentiel. C'est ici qu'intervient le processus de chauffe, ou 'warm-up'. L'objectif est de simuler un comportement humain normal pour bâtir progressivement la confiance de votre adresse IP et de votre domaine. Ce processus prend du temps et demande une rigueur absolue.

Le principe est d'utiliser un outil automatisé qui va envoyer des emails depuis votre nouvelle adresse vers un réseau de boîtes de réception contrôlées. Ces boîtes vont ouvrir vos messages, y répondre positivement, et surtout, les sortir du dossier spam s'ils s'y trouvent. Cette interaction positive signale aux algorithmes que vos messages sont désirés et pertinents. Les volumes doivent augmenter très progressivement. On observe généralement qu'il faut compter entre trois et quatre semaines de chauffe ininterrompue avant de pouvoir lancer une véritable campagne. C'est un passage obligé si vous souhaitez automatiser sans perdre en qualité tout en conservant une réputation irréprochable.

Conseil ToClose

Maintenez toujours votre outil de warm-up activé, même lorsque vos campagnes sont lancées. Laissez-le tourner en arrière-plan avec un volume réduit pour continuer à générer des interactions positives artificielles qui compenseront les éventuels signalements de vos vrais prospects.

Contenu et structure : ce qui déclenche les filtres anti-spam

La technique ne fait pas tout. Le contenu même de votre message est scruté à la loupe par les algorithmes de filtrage. Le premier point de vigilance concerne les mots déclencheurs de spam, souvent appelés 'spam words'. Ce sont des termes liés à l'urgence artificielle, aux promesses financières exagérées ou au vocabulaire commercial agressif. Des expressions comme 'gratuit', 'urgent', '100% garanti', 'promotion exceptionnelle' ou 'cliquez ici' sont des signaux d'alerte majeurs pour les filtres. Vous devez épurer votre vocabulaire et adopter un ton neutre, professionnel et conversationnel.

Le ratio entre le texte, les images et les liens est un autre facteur critique. Un email de prospection doit ressembler le plus possible à un message que vous enverriez à un collègue. Évitez les signatures HTML lourdes avec le logo de votre entreprise, les bannières ou les polices exotiques. Privilégiez le texte brut. Concernant les liens, la modération est de mise. Un seul lien vers votre site web ou votre calendrier suffit amplement. La présence de multiples liens ou de liens de tracking (qui redirigent l'utilisateur pour compter les clics) dégrade considérablement la délivrabilité. Si vous devez tracker les ouvertures, soyez conscients que le pixel de tracking invisible inséré dans l'email est de plus en plus souvent bloqué par les messageries modernes.

  • Supprimez toutes les images et les pièces jointes de vos premiers messages à froid.
  • Limitez-vous à un seul lien propre, sans redirection complexe.
  • Bannissez le vocabulaire commercial agressif et les majuscules abusives dans l'objet de l'email.

Monitoring et réputation : savoir quand vous êtes grillé

Même avec une configuration parfaite et un contenu soigné, votre délivrabilité cold email peut se dégrader au fil du temps. Les prospects qui cliquent sur le bouton 'Signaler comme spam' endommagent votre réputation. Il est donc crucial de surveiller vos indicateurs en permanence. Attention toutefois au taux d'ouverture, qui est devenu une métrique trompeuse. Depuis les récentes mises à jour de confidentialité d'Apple et de Google, de nombreux emails sont 'ouverts' automatiquement par des robots de sécurité (les proxy opens). Un taux d'ouverture artificiellement élevé ne signifie pas que vos prospects lisent vos messages.

Pour avoir une vision claire de votre situation, vous devez utiliser des outils de test de placement en boîte de réception (inbox placement tests). Ces outils envoient votre message à une multitude de boîtes de test sur différents fournisseurs (Gmail, Outlook, Yahoo) et vous indiquent exactement où votre email atterrit : boîte principale, dossier promotions ou spam. Si vous constatez que plus d'un tiers de vos messages finissent en spam, il est temps de mettre votre campagne en pause. Dans ce cas, nous vous conseillons de faire auditer votre infrastructure d'envoi afin de comprendre ce qui cloche avant de brûler définitivement votre domaine.

Que faire quand un domaine est grillé ? Parfois, la réputation est tellement endommagée qu'il est inutile de s'acharner. Les fourchettes constatées montrent qu'il est souvent plus rentable en temps et en énergie de racheter de nouveaux domaines secondaires, de refaire une période de chauffe complète et de repartir sur des bases saines, plutôt que d'essayer de sauver un domaine blacklisté sur plusieurs serveurs majeurs.

Checklist finale avant de lancer votre campagne

Avant de cliquer sur le bouton d'envoi et de démarrer votre prospection, une vérification rigoureuse s'impose. Une simple erreur de précipitation peut anéantir des semaines de préparation. Considérez cette étape comme la vérification technique d'un avion avant le décollage. Tout doit être au vert. Voici les éléments que vous devez valider méthodiquement pour assurer la sécurité de vos envois.

  • Vérifiez que vos enregistrements SPF, DKIM et DMARC sont valides et propagés sur vos domaines secondaires.
  • Assurez-vous que vos adresses d'envoi ont complété au moins trois semaines de chauffe ininterrompue.
  • Contrôlez le volume d'envoi quotidien programmé : commencez petit et augmentez très progressivement.
  • Relisez votre message pour traquer et éliminer tout vocabulaire commercial agressif ou suspect.
  • Vérifiez que vous n'avez inclus qu'un seul lien et aucune pièce jointe lourde.
  • Testez votre message final via un outil de placement en boîte de réception pour valider qu'il n'atterrit pas en spam.

Si tous ces voyants sont au vert, vous pouvez lancer votre campagne avec confiance. La prospection B2B est une mécanique de précision. En respectant ces règles techniques et rédactionnelles, vous vous assurez que votre message sera lu par les bonnes personnes, au bon moment, maximisant ainsi vos chances de générer des opportunités commerciales concrètes.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la délivrabilité cold email exactement ?

C'est la capacité de vos emails de prospection à atteindre la boîte de réception principale de vos destinataires, sans être bloqués par les filtres de sécurité ou redirigés vers le dossier des courriers indésirables. Elle dépend de votre configuration technique, de votre réputation d'expéditeur et du contenu de vos messages.

Combien de temps doit durer le warm-up d'une adresse email ?

Les fourchettes constatées par les professionnels recommandent une période de chauffe minimale de trois à quatre semaines pour un nouveau domaine. Ce délai permet de générer un historique d'interactions positives suffisant pour prouver aux algorithmes que vous n'êtes pas un spammeur.

Faut-il utiliser le domaine principal de l'entreprise pour prospecter ?

Surtout pas. Il faut toujours utiliser des domaines secondaires dédiés à la prospection. Si vos campagnes génèrent des plaintes pour spam, la réputation du domaine utilisé chutera. En utilisant des domaines secondaires, vous protégez les communications vitales de votre entreprise.

Prêt à remplir votre agenda de rendez-vous qualifiés ?

Ne laissez plus la technique freiner votre croissance commerciale. Confiez-nous votre prospection B2B et obtenez 20 à 40 RDV qualifiés par mois avec vos clients idéaux.

Réservez un appel stratégique

Pour aller plus loin

Et pour passer à l'action : découvrez faire auditer votre infrastructure d'envoi.